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Jean-Louis Comolli : Prix François Mauriac 2018


Réserver pour le soirée de remise du Prix François Mauriac 2018 : http://malagar.fr/ ?Le-prix-Francois-Mauriac

Vendredi 5 octobre // Malagar

18h30 // Accueil du public
19h00 // Concert Muños Sextet

Chuperlika de Pad Brapad Moujika
Feuilles d’automne de Thomas Mazellier
La misma pena d’Astor Piazzolla
Suite bulgare en 3 mouvements de Viacheslav Semionov
Bari de Renaud Garcia-Fons
La flambée montalbanaise de Gus Viseur

Muños Sextet
Le Muños Sextet est né de la passion de six jeunes musiciens qui se sont rencontrés au Conservatoire régional Jacques Thibaud de Bordeaux. Pourvus d’une curiosité musicale insatiable, ils travaillent un répertoire aux influences des Balkans de Semionov, de l’Argentine de Piazzolla, ainsi que de la musette, le tout arrangé notamment par Bruno Maurice, professeur au conservatoire, ou composé par leur violoniste Thomas Mazellier pour cette formation insolite avec ses deux violons, deux accordéons, une contrebasse et une clarinette.

Thomas Mazellier, violon
Louis Tillhet, violon
Angelica Kuhn, clarinette
Ella Pérez, accordéon
Timothée Chabrillat, accordéon
Florentin Castellini, contrebasse

19h30 // Remise du Prix François Mauriac 2018 à Jean-Louis Comolli pour Une terrasse en Algérie (Éd. Verdier) par Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine et Jean-Noël Jeanneney, président du jury du prix.

Jean-Louis Comolli

Réalisateur, scénariste et écrivain, Jean-Louis Comolli est né à Philippeville (aujourd’hui Skikda) en Algérie. Étudiant en philosophie à la Sorbonne, il fréquente surtout la cinémathèque française, y rencontre notamment Jean Eustache, découvre l’amitié et le cinéma. Journaliste aux Cahiers du cinéma, dont il est rédacteur en chef de 1966 à 1973, Jean-Louis Comolli se lance en parallèle dans la réalisation : fictions et documentaires, pour le cinéma et la télévision, son œuvre compte aujourd’hui plus d’une cinquantaine de films.
Également comédien, il a joué sous la direction d’Éric Rohmer, Jean-Luc Godard et Michel Drach. Jean-Louis Comolli est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages sur le cinéma et le jazz.

Bibliographie sélective :

Une terrasse en Algérie, Éd. Verdier, 2018
Daech, le cinéma et la mort, Éd. Verdier, 2016
Cinéma, mode d’emploi (de l’argentique au numérique), avec Vincent Sorrel, Éd. Verdier, 2015
Corps et Cadre, Éd. Verdier, 2012
Cinéma contre spectacle, Éd. Verdier, 2009
Voir et pouvoir, Éd. Verdier, 2004
Free Jazz / Black Power, avec Philippe Carles, Éd. Champ libre, 1971 - Folio, 2000
Arrêt sur histoire, avec Jacques Rancière, Éd. BPI-Centre Georges-Pompidou, 1997
Dictionnaire du jazz, avec Philippe Carles et André Clergeat, Éd. Robert Laffont, 1994

Une terrasse en Algérie , Éd. Verdier, 2018

Nous nous retrouvions à la terrasse de l’Excelsior. Tous les soirs. Quinze ans, c’était notre âge. L’Algérie était encore colonie française, mais la guerre, sous le nom de «  pacification  », était entrée en scène, balayant le rêve d’Albert Camus d’une union libre entre Algériens et Européens.
La première action de masse du FLN eut lieu le 25 août 1955 à Philippeville, où je suis né. La ville basse est envahie par les habitants des hauteurs, Arabes et Berbères. Encadrés par quelques militants FLN, ils sont armés de faux, faucilles, pioches, haches – rares sont les fusils. Plus de cent Européens sont tués. La répression, menée par le colonel Aussaresses, est terrible  : les mitrailleuses abattent sans juge ni procès des milliers de prisonniers dans le stade de la ville. Je n’ai appris tout cela que plus tard. Ce jour-là, j’étais à trois kilomètres de Philippeville, sur la plage de Stora. Nous ignorions que la guerre avait lieu. La radio, le journal, parlaient de rebelles. Mes amis de l’Excelsior étaient aveugles et sourds, comme moi. Le déni régnait. La mer était si belle, nous étions dans l’ivresse de vivre, et tant pis si tout était faux en Algérie coloniale.