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PRIX FRANÇOIS MAURIAC

Parmi les onze ouvrages de la sélection, après délibérations, les membres du jury présidé par Jean-Noël Jeanneney, ont choisi de décerner le Prix François Mauriac 2022 à Laurent Joly pour La rafle du Vel d’Hiv (Éd. Grasset, 2022).

Le prix lui a été remis sur les terres de François Mauriac à Malagar, le vendredi 14 octobre par Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine et Jean-Noël Jeanneney, président du jury, en public et en présence d’élèves de 1ère et terminale des lycées d’Aiguillon (47) et de Blanquefort (33).
Programme de la soirée :

- À partir de 18H30 // Accueil du public

- 19H00 // Concert du Quatuor Balthazar

- 19H30 // Remise du Prix François Mauriac 2022

- 20H30 // Séance de dédicaces de Laurent Joly


Laurent Joly

Historien et directeur de recherche au CNRS, Laurent Joly s’est tout particulièrement attaché à l’étude de l’antisémitisme sous le régime de Vichy et de la Shoah en France.
Auteur d’une dizaine d’ouvrages, il a cosigné en 2017, avec le réalisateur David Korn-Brzoza, le documentaire La Police de Vichy, qui, sur des archives inédites et colorisées, « retrace les années noires de la police française, de la collaboration à la traque des communistes en passant par les rafles de Juifs, la Résistance, la Libération et l’épuration »
Laurent Joly dirige par ailleurs la collection « Seconde Guerre mondiale » aux éditions du CNRS.


La rafle du Vel d’Hiv Éditions Grasset, 2022

La rafle dite du « Vel d’Hiv » est l’un des événements les plus tragiques survenus en France sous l’Occupation. En moins de deux jours, les 16 et 17 juillet 1942, 12 884 femmes, hommes et enfants, répartis entre Drancy et le Vel d’Hiv, ont été arrêtés par la police parisienne à la suite d’un arrangement criminel entre les autorités allemandes et le gouvernement de Vichy. Seule une petite centaine de ces victimes survivra à l’enfer des camps nazis.
Cette opération emblématique et monstrueuse demeure pourtant relativement méconnue. D’où l’ambition de cet ouvrage, grâce à une recherche largement inédite et à la consultation de centaines de témoignages, de restituer cet épisode de notre histoire au plus près des individus, persécutés comme persécuteurs, de leur état d’esprit, de leur vécu quotidien, de leurs marges de décision, en portant attention à la multiplicité des points de vue, des destinées, et au contexte de la politique nazie et de la collaboration d’État.

« Dans cette enquête exemplaire qui se lit comme le plus terrible des récits, l’historien Laurent Joly fait litière des inexactitudes (participation aux rafles, par exemple, de militants droitistes du Parti populaire français (PPF) ou de soldats allemands), reprend les sources et en découvre d’inédites. Une histoire totale, donc, mais également « incarnée » car les chiffres resteraient tragiquement abstraits s’ils effaçaient ceux qu’ils désignent. » Gilles Heuré - Télérama

« Alors que certaines figures d’extrême-droite ont osé la minorer, la rafle du Vel d’Hiv les 16 et 17 juillet 1942 reste une horreur absolue. Analysant avec une précision inédite la responsabilité de la police parisienne sous l’autorité du régime de Pétain, l’historien Laurent Joly en fait le récit glaçant. Jamais Vichy n’abandonna plus de Juifs français à la machine exterminatrice nazie que ce jour-là. » Jean-Marie Durand – Les Inrockuptibles

« Du silence des archives, il [Laurent Joly] fait surgir le bruissement du moment, les plaintes, les pleurs et les désastres psychologiques.[…] Une histoire « incarnée et globale » d’où émergent des vies, des destins brisés, des persécutés et des persécuteurs, tous entraînés par l’engrenage de la guerre avec son lot d’infamies, de haines, de souffrances et de grandeurs mêlées. » Laurent Lemire – Livres Hebdo

Pour télécharger le dossier de presse :  - PDF - 5.9 Mo (PDF - 5.9 Mo)


Quatuor Balthazar

Julie Boissel-Trunde, violon 2
Onitsha Gautier, alto
Juliette Tranchant, violoncelle
Anggraini Tumino, violon 1

Le quatuor Balthazar est né de la rencontre au Conservatoire Jacques Thibaud de Bordeaux, de quatre jeunes musiciennes, tout d’abord amies, et partageant les mêmes goûts musicaux et les mêmes ambitions. Les Balthazar ont eu la chance de pouvoir travailler aux côtés des quatuors Modigliani et Van Kuijk, deux formations françaises réputées et faisant figures de modèles pour les Balthazar. Une des caractéristiques du quatuor Balthazar, et qui leur a donné d’autant plus envie de travailler ensemble, est la recherche d’une énergie commune !


Sélection 2022

Une nuit après nous de Delphine Arbo Pariente, Éd. Gallimard

Itinéraire d’un masque de Philippe Brunet, Éd. Favre

Être à sa place de Claire Marin, Éd. de L’Observatoire

Une sortie honorable d’Éric Vuillard, Éd. Actes Sud

La Rafle du Vel d’Hiv de Laurent Joly, Éd. Grasset

Vider les lieux d’Olivier Rolin, Éd. Gallimard

Flora Tristan de Brigitte Krulic, Éd. Gallimard

La tristesse est un mur entre deux jardins de Michelle Perrot et Wassyla Tamzali, Éd. Odile Jacob

Le Musée national de Diane Mazloum, Éd. Stock

Le droit d’emmerder Dieu de Richard Malka, Éd. Grasset

Les enfants de Cadillac de François Noudelmann, Éd. Gallimard


Stockholm, le 10 décembre 1952

François Mauriac reçoit des mains du roi Gustave-Adolphe de Suède le Prix Nobel de littérature, qui le récompense pour l’ensemble de son œuvre romanesque. Reconnaissance suprême, certes, mais des troubles politiques au Maroc l’interpellent, et lui font prendre conscience du véritable rôle de l’intellectuel dans son époque.

Il signe d’une plume incisive, dans La Table Ronde, son premier Bloc-notes et écrit : « Ce fut alors que le monde m’accorda sa suprême couronne. Que je pusse prétendre au prix Nobel, cette pensée ne m’était jamais venue. J’en fus secrètement accablé. […] je recevais le prix Nobel le jour et presque l’heure où, à Casablanca, une foule misérable tombait dans le traquenard qui lui avait été tendu. A mon retour, un dossier irréfutable m’était apporté comme une réponse à ma secrète prière au milieu des fastes de Stockholm […] Désormais, je fus engagé. » François Mauriac – Le Bloc-notes, octobre 1955.


Bordeaux, depuis 2002

Créé en 1985 par l’institution régionale, le Prix François Mauriac récompensait initialement des auteurs originaires de l’Aquitaine ou des ouvrages traitant de thèmes relatifs à notre région. Sous l’impulsion du Centre François Mauriac de Malagar et de son président Bernard Cocula, et à l’occasion du 50e anniversaire du Prix Nobel, le Conseil régional d’Aquitaine relance le Prix François Mauriac en 2002.
Il distingue ainsi chaque année un ouvrage en langue française, qui, quel que soit son genre (roman, poésie, théâtre, roman graphique, essai,...), témoigne de l’engagement de l’auteur dans son siècle et de son intérêt pour la société contemporaine.
Doté de 8 000 €, le Prix François Mauriac est décerné, en octobre, à Malagar, par Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine et Jean-Noël Jeanneney, président du jury.


Composition du Jury du Prix François Mauriac 2022

Jean-Noël Jeanneney
Historien, ancien ministre et Président du jury

Pierre-Henri Arnstam
Président d’honneur d’ALCA, journaliste, documentariste

Évelyne Bloch-Dano
Écrivain, journaliste

Jean-Marie Borzeix
Journaliste, ancien conseiller à la présidence de la BnF

Bernard Cazeneuve
Ancien Premier ministre, avocat

Anne-Marie Cocula
Historienne, présidente honoraire de l’Université Bordeaux Montaigne
Présidente du Centre François Mauriac de Malagar

Paule Constant
Écrivain, professeur à l’Université d’Aix-Marseille

Éric Fottorino
Écrivain, journaliste

Hugues Le Paige
Journaliste, documentariste

Tobie Nathan
Professeur émérite de psychologie à l’Université Paris VIII, écrivain

Mona Ozouf
Historienne, journaliste

Jean Touzot
Professeur émérite à l’Université de Paris 4-Sorbonne

Michel Winock
Historien, professeur émérite à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Marie-Sylvie Bitarelle, Secrétaire du jury, directrice du Centre François Mauriac de Malagar


Depuis sa relance, le Prix François Mauriac a été attribué à :

- en 2021, Jean Birnbaum pour Le courage de la nuance, Éd. du Seuil
- en 2020, Caroline Fourest pour Génération offensée, Éd. Grasset
- en 2019, Claude Martin pour La diplomatie n’est pas un dîner de gala - Mémoires d’un ambassadeur, Éd. de L’Aube
- en 2018, Jean-Louis Comolli pour Une Terrasse en Algérie, Éd. Verdier
- en 2017, Tanguy Viel pour Article 353 du code pénal, Éd. de Minuit
- en 2016, Laurence Cossé pour La Grande Arche, Éd. Gallimard
- en 2015, Alain Borer pour De quel amour blessée, réflexions sur la langue française, Éd. Gallimard
- en 2014, Kamel Daoud pour Meursault, contre-enquête, Éd. Actes sud
- en 2013, Jérôme Garcin pour Bleus horizons, Éd. Gallimard
- en 2012, Jean-Noël Pancrazi pour La Montagne, Éd. Gallimard
- en 2011, Jean-Pierre Milovanoff pour Terreur grande, Éd. Grasset
- en 2010, Lionel Duroy pour Le Chagrin, Éd. Julliard
- en 2009, Dominique Fernandez, de l’Académie française, pour Ramon, Éd. Grasset
- en 2008, Annie Ernaux pour Les Années, Éd. Gallimard
- en 2007, Jean-Paul Kauffmann pour La maison du retour, Éd. NIL éditions,
- en 2006, Jean Echenoz pour Ravel, Éd. de Minuit
- en 2005, Pierre Daix pour Bréviaire pour Mauthausen, Éd. Gallimard
- en 2004, Régis Debray pour Le Siècle et le Règle, une correspondance avec le frère Gilles Dominique o.p., Éd. Fayard
- en 2003, Jean-Marie Rouart, de l’Académie française, pour Adieu à la France qui s’en va, Éd. Grasset
- en 2002, Abdelwahab Meddeb pour La maladie de l’islam, Éd. Seuil