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LETTRES DU MONDE À MALAGAR
Si vous souhaitez participer à cet évènement, pensez à réserver :
Dimanche 15 novembre à 16H00
Dernière date de la saison culturelle à Malagar, dimanche 15 novembre // 16H, nous aurons le plaisir d’accueillir l’écrivain turc Ahmet Altan, dans le cadre du festival de littérature Lettres du monde. Cette rencontre se fera autour de son ouvrage Cette année-là, qui paraîtra le mois prochain aux éditions Actes Sud. La rencontre sera modérée par l’auteure et réalisatrice, Sonia Moumen.
Cette année-là
À paraître chez Actes sud en novembre 2026, traduction de Julien Lapeyre de Cabanes
Istanbul, 1915. Alors que la Première Guerre mondiale embrase l’Europe, le colonel Ragîp Bey s’apprête à partir au front. Amoureux d’Efronya, une infirmière arménienne, il perd la trace de cette femme qu’il retrouvera au terme d’un long périple au sud de la Turquie et de la Syrie. Les amants sont enfin réunis mais Efronya, très éprouvée par la déportation, décline...
Avec Cette année-là, Ahmet Altan choisit la littérature – son arme de prédilection – pour raconter le premier génocide du XXe siècle, celui du peuple arménien, encore aujourd’hui sujet tabou en Turquie. Ahmet Altan signe un magnifique roman d’amour, peut-être le roman de la réconciliation.
Ahmet Altan
Né en 1950 à Ankara, il est un des journalistes et romanciers les plus renommés de Turquie. Il est le fils de Çetin Altan, journaliste et homme politique, condamné à près de deux mille ans de prison pour ses articles contre l’autoritarisme du pouvoir militaire. Dès 1974, Ahmet Altan se lance dans le journalisme, lui aussi, et s’engage en faveur de la démocratie. Très vite, il commence à être connu dans son pays pour sa contestation du régime en place. Il publie en 1982 son premier roman qui rencontre un grand succès. Son deuxième roman est sanctionné pour atteinte aux bonnes mœurs et fait l’objet d’un autodafé. Ahmet Altan devient un journaliste de plus en plus influent, tant à la télévision que dans la presse écrite. En 1995, il est condamné à vingt mois de prison avec sursis à la suite de la publication d’un article satirique. Il est également accusé de soutenir le projet d’un Kurdistan indépendant. Son quatrième roman, Contes dangereux publié en 1996, est un véritable phénomène de librairie, il y aborde les assassinats sans suite judiciaire. Avec Orhan Pamuk et Yachar Kemal, il rédige, en 1999, une déclaration pour les droits de l’homme (et des droits culturels des Kurdes) et de la démocratie en Turquie, qui est signée par Elie Wiesel, Günther Grass, Umberto Eco… “Oh, Mon Frère”, un article qu’il dédie aux victimes du Génocide arménien le fait inculper, en 2008, d’insulte à la Nation turque. Il reçoit trois ans plus tard le prix Hrant Dink de la Paix (Hrant Dink est un journaliste arménien assassiné par un nationaliste turc). Entre 2007 et 2012, il dirige le quotidien Taraf qui joue un rôle central dans la presse d’opposition.
En 2016 commence son effroyable parcours judiciaire. Il est arrêté en septembre, accusé d’avoir participé à la tentative de putsch du 15 juillet. Deux ans plus tard, il est condamné à la perpétuité aggravée. Puis, en mai 2019, sa condamnation est confirmée en appel par la Cour Constitutionnelle tandis qu’en juin la Cour Suprême casse la condamnation tout en rejetant sa demande de remise en liberté. Cette année-là paraît en France, Je ne reverrai plus le monde, un récit de son emprisonnement qui reçoit le prix André Malraux. Le 4 novembre, la Haute Cour Pénale d’Istanbul le condamne à dix ans de prison mais ordonne sa remise en liberté sous contrôle judiciaire compte tenu des années qu’il a déjà passées en prison. Ahmet Altan est libéré. Le 12 novembre, l’écrivain est de nouveau arrêté sur décision de justice. C’est le 14 avril 2021 qu’Ahmet Altan est remis en liberté. La vieille, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a condamné la Turquie pour la détention de cet intellectuel depuis plus de quatre ans.
En septembre 2021 paraît en France son roman Madame Hayatqui est couronné par le prix Femina étranger et rencontre un magnifique succès dans la presse et en librairie. Deux nouveaux romans paraissent par la suite : Les Dés en 2023 et plus récemment Boléro en octobre 2025.
En résidence surveillée dans son appartement d’Istanbul et sans autorisation de quitter le territoire turc jusqu’en septembre 2025, Ahmet Altan est désormais libre de se déplacer en-dehors de la Turquie.
Ce sixième rendez-vous avec le festival Lettres du monde, nous fait toujours autant voyager !
Merci à son équipe de nous avoir fait découvrir :
- en 2019, Dmitry Glukhovsky, auteur russe, venu présenter Texto (Ed. de l’Atalante, 2019),
- en 2021, l’autrice sarde, Milena Agus pour son ouvrage, Une saison douce (Éd. Liana Levi, 2021),
- en 2023, les écrivains et journalistes d’origine argentine, Alberto Manguel et Edourado Berti, pour respectivement La Cuisine des contrées imaginaires (Éd. Actes Sud) et Mauvaises méthodes pour bonnes lectures (Éd. La Contre Allée).
- en 2024, Aslak Nore, l’écrivain et journaliste norvégien, pour ces deux romans passionnants Le Cimetière de la mer (Éd. 10-18) et Les héritiers de l’Arctique (Éd. Le bruit du monde).
- en 2025, l’écrivaine française Vidya Narine pour son très beau texte sur ses origines : Le Ciel est mon drapeau (Éd. Les Avrils, 2025).
Festival Lettres du monde : VACARME(S)
Du 12 au 22 novembre en Nouvelle-Aquitaine
« Il y a tant de gens dans une ville dont on ne s’inquiète pas, tant de gens qui travaillent à nos côtés et qu’on ne voit pas, à qui on ne parle pas, dont on ne s’enquiert jamais de la santé, du bonheur, des envies, des espoirs. » Labeur, éditions La contre allée, de Julie Bouchard, invitée de l’édition 2025 de Lettres du monde
Les personnages de fictions nous ressemblent, nous rassemblent. Leurs histoires, qu’elles soient d’ici ou d’ailleurs, sont nos histoires et font de nous des complices. Ces héros de papier se battent pour un sourire, un instant de paix, un peu d’humour, un peu de dignité. Ils ne se résignent pas. Ils nous offrent leur destinée en guise de consolation, en signe d’amitié. Le festival Lettres du monde convie lectrices et lecteurs, amateurs et professionnels, à partir à la rencontre d’autrices et d’auteurs qui, à travers des genres littéraires différents, disent la vie, disent le désir de partager leurs émois. Écrire, lire, deux actions pour mieux s’enquérir du monde, de ses murmures et de ses fureurs, de ses vacarmes qu’il nous faut réenchanter aujourd’hui.
Martine Laval, conseillère littéraire
Le festival itinérant Lettres du monde est né de l’envie de promouvoir et de diffuser les littératures étrangères en Nouvelle-Aquitaine. Chaque année, mi-novembre, le festival réunit une vingtaine d’écrivains étrangers et français, traducteurs, éditeurs. Pendant 10 jours, les auteur(e)s invité(e)s se déplacent en Nouvelle-Aquitaine pour un programme de rencontres littéraires avec le public. Elles sont organisées en partenariat avec les professionnels du livre et de la lecture publique que sont les bibliothèques, médiathèques et librairies indépendantes, mais aussi les établissements scolaires et universitaires.
Avec cette programmation, Lettres du monde participe au maillage territorial en allant, avec les auteurs, au devant de publics ruraux et citadins. Il propose ainsi une politique d’animation littéraire dédiée aux littératures du monde.
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